Les sources de la croissance (3/3)

Mesurer la contribution du travail et du capital à la croissance

Comment mesurer la contribution des facteurs de production à la croissance économique ? La contribution des facteurs de production tels que le travail et le capital signifie le supplément, la hausse de la richesse créée, obtenus grâce à l’augmentation de la quantité de ces facteurs. Donc, pour mesurer la contribution des facteurs de production à la croissance économique, on considère de combien le PIB en volume augmente lorsque la quantité du facteur travail augmente et lorsque celle du facteur capital augmente.

Cette contribution des facteurs implique de connaître la fonction de production. Et cette question signifie il est possible que le PIB en volume puisse augmenter quand on augmente les quantités des facteurs de production à savoir le capital et le travail. Ici, c’est précisé qu’on augmente le volume d’un des facteurs de production soit le travail soit le capital en maintenant la quantité de l’autre facteur constante. Et d’après la loi des rendements décroissants, lorsque l’on augmente le volume ou la quantité d’un des facteurs en maintenant constant le volume de l’autre facteur, la production continue d’augmenter, c’est-à-dire qu’il y a croissance économique mais la production augmentera de moins en moins. Ce ralentissement se traduit par la baisse de la productivité marginale du facteur de production dont on accroît le volume. Cependant, comme le montrera un économiste néoclassique, le progrès technique permet d’échapper à la décroissance des rendements.

Que disent les études économétriques ?

Les études économétriques menées par des économistes pour tester les modèles issus des théories néoclassiques, ont mis en évidence que l’accroissement des volumes des facteurs, travail et capital, n’expliquent qu’une part de la croissance économique. Par conséquent, ce qui n’est pas expliqué par la hausse des quantités des facteurs de production est appelé “résidu”. Ce dernier est assimilé au progrès technique. C’est le résidu de Solow (économiste américain prix Nobel).

Donc, la croissance économique a ses sources dans l’augmentation des quantités de travail et de capital et surtout le progrès technique.

Des points et des pourcentages

La contribution à la croissance économique (hausse à long terme du PIB en volume exprimée en %) est mesurée en points. Quand on additionne la contribution du travail, du capital et de la PGF (productivité globale des facteurs), on obtient le taux d’accroissement du PIB en %.

Ce dernier est défini comme l’ensemble des améliorations des techniques de production qui accroît l’efficacité des facteurs de production et des produits nouveaux. Il est illustré par les innovations de produits et de procédés.

Le rôle des institutions

D’autres sources de la croissance devraient être prises en compte telles que les institutions qui favorisent l’efficacité avec laquelle le travail et le capital sont utilisés. Les institutions encadrent les activités économiques, sont source d’incitation à l’action et à l’investissement et protègent les agents économiques (voir rôle des conventions, des brevets).

L’économiste américain Robert Solow accordait un rôle central au progrès technique mais considérait celui-ci comme étant exogène, extérieur au fonctionnement de l’économie.

Le renouvellement des théories de la croissance

Des économistes tels R. Barro, R. E. Lucas et P. Romer, vont renouveler l’analyse de la croissance économique.

L’apparition de nouvelles théories de la croissance dans les années 1980, appelées théories de la croissance endogène, font dépendre le progrès technique et la croissance des investissements dans les capitaux suivants :

Humain

◦ Public

◦ Physique

◦ Technologique

Les investissements dans ces capitaux sont à l’origine d’externalités positives car ils ne bénéficient pas exclusivement aux agents économiques qui ont investi. Ils ont des retombées économiques positives et ce, à une échelle macroéconomique. Il en résulte que la croissance devient un processus auto entretenu (poursuite de la croissance selon un cercle vertueux).