A qui profite la baisse des taux d’intérêt ?


Relation entre cours des obligations et taux d’intérêt

Avant d’examiner en quoi consiste l’apport de l’article, on aborde quelques notions employées. Les auteurs mettent l’accent sur les causes et les conséquences des taux d’intérêt négatifs. Je suis responsable de toute erreur ou mauvaise interprétation

Dans leur article paru dans le Monde diplomatique (novembre 2019, page 21), F. Lemaire et D. Plihon parlent d’aberration économique à propos de “l’application de taux d’intérêt négatifs”. L’article donne l’exemple des obligations souveraines de la France et de l’Allemagne avec des taux d’intérêt négatifs. Cela signifie que ces États n’auront pas à rembourser la totalité des sommes empruntées, soit une diminution de la charge de leurs dettes. 

Des notions 

Les taux d’intérêt 

L’intérêt est la rémunération versée par l’emprunteur au prêteur. 

Prêteurs et emprunteurs 

Taux d’intérêt :

Nominal court et long : taux convenu dans le contrat. Taux court : auquel les banques accèdent au refinancement auprès des banques centrales. 

Réel court et long : taux nominal moins taux d’inflation. 

Fixe : ne varie pas pendant la durée du capital emprunté. 

Variable : varie en fonction d’un indice de référence. 

Les obligations 

Obligation : titre de créance qui représente une partie d’un emprunt souscrit par un agent économique (particuliers, institutions financières et non financières …) et émis par les administrations publiques (dont l’Etat), les institutions financières et non financières. 

Les banques, par exemple, émettent des obligations et en souscrivent aussi. On trouve ces titres de créance parmi leurs portefeuilles de titres dans à l’actif de leurs bilans. Les obligations représentent également une ressource plus longue pour les banques. Dans ce dernier cas, on les trouve au passif de leurs bilans. (1a)

L’obligation est l’un des principaux titres de la dette y compris la dette publique. 

Prenons l’exemple des OAT. Obligations assimilables du Trésor : ce sont des emprunts de l’Etat français accessibles aux particuliers qui désirent acquérir des titres de placement à taux fixe. Elles sont cessibles (on peut les revendre) en bourse (marché secondaire) (1b).

Rendement des obligations et taux d’intérêt 

Un exemple sur le rendement 

J’achète une obligation d’une valeur de 500 euros émise à un taux d’intérêt nominal fixe de 5 % que je garde pendant un an. L’emprunteur (l’émetteur du titre en question) me versera au bout d’un an  5%*500= 25 euros. Ce revenu est appelé coupon. Je récupère, si je ne revends pas l’obligation sur le marché secondaire, 525 euros au bout d’un an. Le taux de rendement est donc égal à 5 % ( 25 €*100 /500€). 

Cependant, si le taux d’intérêt augmente et passe, par exemple, à 8 % sur le marché, le nominal 500 € passe à 486 € afin que l’obligation ait un rendement de 8 %. La rémunération nest pas affectée par la variation du taux d’intérêt du marché. Ce résultat est obtenu par le simple calcul suivant : 525 €/ 8 %+1. Par conséquent, lorsque le taux d’intérêt sur le marché augmente, le prix de l’obligation diminue. Et inversement. Si le taux passe à 3 %, le cours de l’obligation correspondant augmente. Le cours des obligations varie en fonction des taux d’intérêt en vigueur. 

Les conclusions précédentes relatives aux obligations à taux nominal fixe changent s’agissant des obligations à taux variable. Le coupon (la fraction de la valeur payée par l’émetteur au souscripteur de l’obligation)est variable. 

Voici une formule de calcul du cours d’une obligation à taux fixe (2). Si le taux d’intérêt du marché est de 2 % et la durée de l’obligation est de 2 ans, la valeur pb d’une obligation, d’un nominal de 500 euros, qui rapporte chaque année un coupon de 20 euros serait : 

Pb = 20 + 20/(1,02) + 20/(1,02)² + 500/(1,02)² = 539, 4 euros. Donc, le cours d’une obligation à taux fixe varie en sens inverse du taux d’intérêt. 

Voici une explication de la relation inverse entre taux d’intérêt et cours de l’obligation : “ C’est un point qui prête souvent à confusion. Comment expliquer qu’un rendement élevé et un cours élevé soient 2 éléments positifs alors qu’ils s’excluent mutuellement?

La réponse dépend en fait du point de vue de l’investisseur. L’acheteur potentiel d’une obligation souhaite que le rendement soit élevé. En effet, il préférera payer 800 $ une obligation de 1 000 $, et bénéficier ainsi d’un rendement de 12,5 %. Par contre, une fois l’obligation achetée, les versements d’intérêts ne varieront pas. Donc, ce même investisseur aura avantage à ce que le cours monte. Il pourra ainsi réaliser un bénéfice lorsqu’il vendra son obligation.” (3).

Titre de l’article : Le poison des taux d’intérêt négatifs (Un héritage méconnu de la crise des «subprimes»)

Les auteurs (F. Lemaire et D. Plihon) rappellent les différentes interventions des banques centrales pour sauver le système financier après la crise de 2007-2008 sous formes de rachats de titres des dettes publiques et privées (notamment pour soutenir le cours des obligations émises par le secteur privé). Cela correspond aux programmes d’assouplissement quantitatif, 2015 (quantitative easing) (4), (5) une politique monétaire non conventionnelle utilisée en périodes de crise économique grave. Plus précisément, des liquidités ont été mises à la disposition des Etats aux prises avec des problèmes de surendettement ainsi qu’à celle des entreprises privées. On assiste à ce que l’on a appelé l’aplatissement de la courbe des taux d’intérêt résultant des rachats massifs des titres de la dette publique sur les marchés financiers. 

Enfin, une baisse importante et continue des taux d’intérêt directeurs des Banques centrales américaine et européenne débouchant, selon les auteurs de l’article, sur des taux d’intérêt négatifs. 

On peut consulter le site de la Banque de France sur les taux négatifs des OAT (6).

On ne peut éviter de se poser la question de l’efficacité macroéconomique de l’ensemble des interventions évoquées ci-dessus. Les banques devaient accorder des crédits à l’économie pour stimuler la demande ( investissements des entreprises et consommation finale des ménages). Il semble, d’après les auteurs de l’article, qu’elles n’ont pas généré la croissance économique escomptée ni par conséquent les créations d’emplois nécessaires à la résorption du chômage. Il faut néanmoins rappeler que l’objectif consistait à sauver le système financier. 

La suite de l’article traite des conséquences des taux d’intérêt bas :

diminuent la rentabilité de l’activité bancaire des crédits et pussent les banques, comme en Allemagne, à baisser la rémunération des dépôts et à prendre des risques.

Dans la mesure où la dette publique constitue une part importante de leurs actifs, la baisse de la rentabilité des obligations émises les Etats peut compromettre la capacité des banques à honorer leurs engagements (dans leurs passifs) ce qui peut les inciter à investir dans des titres ou des opérations générant une rémunération plus élevée donc plus risqués. Les conditions de l’instabilité financière se trouvent dès lors réunies.

Les auteurs de l’article étudié évoquent aussi l’impact social des taux d’intérêt négatifs. Certes, l’argent est bon marché mais les ménages modestes ne peuvent pas accéder au logement (location ou achat) en raison de la hausse du prix de l’immobilier.

Cependant, en dépit de taux d’intérêt négatifs, les obligations d’Etats continuent de faire l’objet d’une demande importante des investisseurs pour lesquels ces titres de la dette publique demeurent une valeur refuge, un actif plus sûr que les actions, comme c’est le cas, par exemple, des fonds de pension qui peuvent récupérer leur capital initial même avec des taux d’intérêt bas ou négatifs. L’anticipation des cours futurs élevés explique en partie la détention de ces titres. 

La baisse des taux, en France, est un phénomène relativement ancien d’après V. Levy-Garboua et E. Monet qui concluent leur étude empirique : “Tout d’abord, les séries historiques montrent que nous aurions tort d’isoler les quelques dernières années qui, depuis la crise, ont vu les taux atteindre un niveau plancher. Il y a une continuité manifeste dans l’évolution des taux depuis le début des années 1980. Les taux nominaux, comme le PIB nominal, ont subi une chute constante depuis cette date”. (7)

Il ne faut cependant pas conclure de cet article que la baisse des taux d’intérêt n’est pas bénéfique à l’économie. Tout dépend de l’usage économique et social qui est fait de cet outil de la politique monétaire. 

Mots clés : taux d’intérêt, taux d’intérêt directeurs, obligations, obligations souveraines, politique monétaire, coupon, rendement, demande, assouplissement monétaire, croissance économique, titres de la dette publique, crise des subprimes, OAT.

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(1a) Pour avoir un aperçu du bilan d’une banque:

https://www.economie.gouv.fr/facileco/comptes-dune-banque

(1b) https://www.aft.gouv.fr/fr/oat-particuliers

(2) Alain Béraud, Introduction à l’analyse macroéconomique, 2e édition, Anthropos-Economica, 1989.

(3) https://www.desjardins.com/coopmoi/plans-action-conseils/epargne-placements/comprendre-rendement-obligations/index.jsp

(4) https://youtu.be/8NSCwGxXplQ

(5) Des précisions très claires, en anglais, à propos du quantitative easing (assouplissement monétaire) sur site de la Banque d’Angleterre  :

https://www.bankofengland.co.uk/monetary-policy/quantitative-easing

(6) https://www.banque-france.fr/statistiques/taux-et-cours/taux-indicatifs-des-bons-du-tresor-et-oat

(7) https://www.cairn.info/revue-d-economie-financiere-2016-1-page-35.htm#

Les sources de la croissance (1/3)


Distinguer la notion et l’indicateur

Une croissance économique instable. Le PIB est un indicateur utile mais approximatif qui permet de mesurer la création de richesses. Son taux de variation ou le taux de croissance annuel moyen, en %, permettent mesurer la croissance économique.

Que signifie “sources de la croissance économique” ?

Dans cette partie, nous allons traiter des sources de la croissance économique. Analyser les sources de la croissance économique, c’est se demander quels sont les facteurs qui permettent d’obtenir l’accroissement du produit intérieur brut en volume d’une économie.

Facteurs de production et croissance :

Du modèle aux résultats économétriques

La fonction de production

Il existe plusieurs sources de la croissance économique.

Tout d’abord, l’augmentation des quantités de facteurs de production, c’est-à-dire le travail et le capital. Afin de connaître la contribution de ces facteurs à la hausse de la production, on utilise un outil théorique : la fonction de production. En quoi la fonction de production permet-t-elle de connaître une des sources de la croissance économique?

Présentation de la fonction de production :

Qu’est-ce que la fonction de production ? Comment varient le volume de la production et celui des facteurs de production ?

Au niveau microéconomique, celui de l’entreprise, la fonction de production exprime une relation mathématique, technique entre la quantité des facteurs de production à savoir le travail et le capital et la production.

Elle s’écrit ainsi : Y=f(K,L) avec Y production intérieure, K la quantité de capital technique ou physique ou fixe et L représente la quantité de travail.

Au niveau macro-économique, on utilise pour répondre à la question ci-dessus le PIB et les quantités de travail et de capital disponibles dans l’économie.

Les rendements des facteurs

On doit distinguer trois cas :

Premier cas : la production augmente plus que proportionnellement par rapport à l’augmentation du travail et du capital deux. Exemple : un doublement des quantités de facteurs fait plus que doubler le volume de production obtenu. Il s’agit des rendements croissants.

Deuxième cas : la production augmente de la même quantité que les facteurs de production. Si la quantité des facteurs double, la quantité du produit double aussi. Il s’agit des rendements constants.

Troisième cas : la production augmente moins que proportionnellement à l’augmentation des facteurs de production.

On parle de rendements décroissants.

Exemple : le volume de production augmente mais n’est pas multiplié par deux.

Il s’agit ici de connaître les rendements des facteurs de production.

La fonction de production évoquée précédemment exprime le lien technique entre les quantités de facteurs de production et le volume de production qu’ils permettent d’obtenir.

De la théorie aux résultats empiriques

C’est au niveau macroéconomique que la fonction de production permet d’évaluer par des données statistiques (construites) la contribution des facteurs de production à la croissance économique. Quels résultats macroéconomiques ?

Les fonds d’investissement


SoraSamedi14

Le fond du problème : la mobilisation des ressources!


Does early bird catche the worm? L’avenir appartient-il à ceux qui se lèvent tôt?

Le vocabulaire relatif aux fonds d’investissement (ou fonds de placement) se caractérise par une importante variété qui n’est n’est pas toujours synonyme de clarté. Ainsi, peut-on lire « acheter ou acquérir des parts de fonds d’investissement », « investir dans les fonds d’investissement ». Les fonds d’investissement sont-ils des entreprises ou des sommes ou bien des valeurs mobilières de placement comme les titres de créance (obligations) ou les titres de propriété (actions) émis et échangés sur les marchés financiers ?
Les fonds d’investissement sont des entreprises, constituées sous forme de sociétés, qui collectent de l’épargne et participent au financement de l’économie sous forme de prises de participations dans les organisations productives. Les fonds d’investissement gèrent l’épargne financière de leurs souscripteurs en fonction des objectifs et des intérêts de ces derniers qui escomptent toujours le meilleur rendement et le risque le plus faible. Les fonds d’investissement ont pour clients des particuliers, pour l’épargne financière, et des investisseurs institutionnels comme les banques ou les assurances, etc.
Comment évolue le pouvoir d’achat des revenus du capital? Les considérations sociales, éthiques et environnementales trouvent-elles un écho favorable dans ce monde de la finance ?

Le capital-investissement

Le capital-investissement (private equity) collecte, en France et dans d’autres pays, des sommes considérables auprès des personnes physiques et morales notamment les investisseurs institutionnels. Cette forme d’investissement remonte au moyen âge. Elle consiste, dans les économies modernes, dans des actions et des parts de sociétés non cotées en bourse

Investissement en devises. Il ne s’agit pas des monnaies cryptographiques comme par exemple le bitcoin. Consulter les sites ci-dessous notamment pour s’informer sur les risques attachés à ce genre d’investissement.

https://www.wikifin.be/fr/thematiques/epargner-et-investir/autres-types-de-placement/investir-dans-des-devises-etrangeres

https://www.cbc.be/particuliers/fr/placements/investir-en-devises.html